vendredi 14 novembre 2014

Avoir le cafard

Un cafard (qui a le cafard)


"Avoir le cafard", c'est avoir les idées noires, un sentiment de profonde lassitude.

Cette expression date du milieu du XIXème siècle. On la trouve la première fois dans "Les Fleurs du Mal" de Charles Baudelaire (à qui on doit aussi la popularisation du mot "spleen"). L'extrait suivant en témoigne (il parle ici du Diable) :

Parfois il prend, sachant mon grand amour de l'Art
La forme de la plus séduisante des femmes,
Et, sous de spécieux prétextes de cafard,
Accoutume ma lèvre à des philtres infâmes.

L'expression vient tout droit de l'insecte du même nom, cette bête noire qui fuit la lumière tout comme le dépressif  s'isole en brassant les idées noires.

Mais si on remonte plus loin encore dans l'étymologie de "cafard", on se rend compte que le nom de la bestiole vient lui-même d'un autre sens plus ancien du mot.

En effet, les cafards était, au XVIème siècle, les faux-dévôts (ceux qui font font semblant de pratiquer une religion) et par extension, les hypocrites. Le mot vient de l'arabe "kafir", signifiant "incroyant", et désignant ceux qui se sont convertis à une autre religion que la leur. Le mot "cafarder", c'est-à-dire moucharder vient de là, d'ailleurs.

Ensuite, l'aspect peu sympathique de la bestiole et le fait que les faux-dévôts s'habillent de noir ont conduit à faire l'analogie avec la fourberie, d'où le nom de cafard, qui est resté, tandis que l'autre sens a totalement disparu (à part dans le mot cafarder).

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