Faire tintin

Découvrez l'origine de l'expression "Faire Tintin".

Mots de l'année 2015

Le mot de l'année 2015 a déjà été choisi!

Qu'un sang impur abreuve nos sillons

Ces quelques mots de la Marseillaise font polémique. Découvrez pourquoi.

Nouveaux mots

Le Larousse 2016 a dévoilé ses nouveaux mots!

Optimismer

Avec Carrefour, avant, on positivait. En 2015, on "optimisme"!

vendredi 27 novembre 2015

Pavoiser


En ce 27 novembre 2015, le gouvernement français a appelé tous les citoyens à déployer des drapeaux bleu-blanc-rouge partout. 

Dans ce cas, on dit que l'on "pavoise".

Le mot vient du vocabulaire maritime. Le pavois était à l'origine un grand bouclier que l'on plaçait sur les côtés des bateaux pour se protéger. Il a ensuite désigne les tentes de toile tendues pour cacher l'équipage de l'ennemi, puis les pavillons dont on orne un navire afin de le reconnaître. Quand on pavoise un bâtiment, on le garnit de ses pavillons.

Grand pavois sur un navire de guerre


Par analogie,pavoiser est devenu "garnir de drapeaux nationaux les les édifices publics ou privés, à l'occasion d'une fête ou d'une cérémonie", puis, par extension, montrer une grande fierté.

L'argot s'est aussi emparé du mot. Dans l'argot de la boxe, "pavoiser", c'est saigner suite à des coups, prendre diverses couleurs suite à des coups reçus, à l'image des drapeaux colorés qui ornent les villes.

Bouclier, drapeaux, sang versé, tout cela a du sens en cette période troublée...


jeudi 12 novembre 2015

Aborigène

Quand on parle d'aborigènes, on pense immédiatement à ces personnes-ci, les Aborigènes d'Australie :

Aborigènes d'Australie


Mais en réalité, "aborigène" est un terme beaucoup plus large. Il désigne les habitants originaires du pays où ils vivent, en d'autres termes, les descendants des premiers habitants connus d'un pays. 

Il y a des aborigènes au Canada, au Japon, en Inde, au Sri Lanka...

C'est donc un synonyme d'autochtone, d'indigène. On l'utilise aussi pour parler de plantes.

Le mot vient de l'italien "aborigine" (ab origine = depuis l'origine), qui signifiait au XVème siècle : "habitant primitif de l'Italie" (les premiers habitants du Latium, les ancêtres du peuple Romain). Un siècle plus tard, le sens du mot s'est élargi, avec le sens que l'on connaît aujourd'hui.

mardi 10 novembre 2015

Mâchicoulis


Le mâchicoulis désigne un élément d'architecture des châteaux-forts. 

C'est une galerie à encorbellement établie dans le haut d'un ouvrage de fortification (une tour ou un mur), percée de meurtrières à sa base dans un but défensif (observation de l'ennemi) et offensif (envoi sur l'attaquant de projectiles et de matières brûlantes). Bon, en clair, voici une photo qui montre bien ce que c'est, on voit bien les trous par lesquels les projectiles pouvaient passer.

Mâchicoulis au Mont Saint-Michel

Le mot vient de machecol, composé de "mâcher" (écraser, en ancien français), et "col" (le cou), en reférence à l'objectif d'écraser le cou de l'adversaire à coup de projectiles.

Libellule


Le terme "Libellule" a été inventé par Linné au XVIIIème siècle.

C'est un diminutif du latin "Libella" qui désignait le requin-marteau (Libella Marina, en latin) au Moyen-Age, car la tête de la libellule ressemble singulièrement à celle d'un requin-marteau, comme on le voit bien sur les photos  :



Requin-Marteau

Libellule
 Et si le requin-marteau a été nommé "Libella", c'est en référence au "niveau" de maçon (libella, en latin, qui a donné l'anglais "level"), cet instrument que les maçons utilisaient et qui avait au Moyen-Age une forme de T (et qui n'a plus une forme de T maintenant, d'ailleurs). Et donc, si la libellule a conservé son nom, le "requin-niveau" est lui devenu un requin-marteau.

Source : Rondelet


lundi 9 novembre 2015

Ne pas confondre "Bus" et "Car"


Aujourd'hui, on va faire le point sur une confusion assez commune entre les mots "bus" et "car".

Ces deux formes sont abrégées, "bus" vient d’autobus, et "car" vient d’autocar.

Elles désignent toutes les deux des véhicules de transport en commun, mais


  • Le bus sert à transporter des voyageurs d’un point à l’autre d’une ville, ou d’une banlieue à l’autre
Un bus

  • Le car permet aux voyageurs de se rendre d’une ville à l’autre.  
Un car

Techniquement, il ne s'agit pas non plus du même confort pour les deux véhicules, puisque l'un ne fait pas voyager loin (on peut même s'y tenir debout), alors que l'autre peut transporter ses voyageurs dans un autre pays par exemple.



Marron, marronnage

L'autre jour, dans la forêt de Soignes (en Belgique), j'ai fait une rencontre avec ce petit animal :


Il s'agit d'un Tamia de Sibérie, une sorte de petit écureuil rayé.

On dit que cette petite bête est "marronne", non pas à cause de sa couleur, mais parce que "Marron" désigne un animal domestique qui s'est échappé et est retourné à la vie sauvage. C'est le cas du tamia de Sibérie, qui comme son nom l'indique est originaire d'Asie, et qui a été importé en Europe dans les années 60. Il a été vendu en animalerie comme animal de compagnie. Beaucoup d'entre eux se sont échappés de leurs maisons (ou ont été libérés par leurs propriétaires), et ces animaux ont colonisé les forêts d'Europe.

C'est le cas également des chiens errants, des cochons sauvages, des pigeons ramiers, les chats sauvages, beaucoup d'animaux n'ayant pas de difficulté à revenir à la vie sauvage. Tous ces animaux sont désignés comme "marrons"

Ce mot vient des Antilles Françaises, et désignait  au XVIIème siècle un animal ou une plante sauvage (de l'espagnol cimarron, signifiant "montagnard").

Par extension, les colons nés aux Antilles ont utilisé cet adjectif pour désigner les esclaves noirs qui étaient parvenus à s'évader. On les appelait alors les "nègres marrons". Le marronnage était l'action de s'évader, souvent sanctionnée très cruellement (tués ou mutilés). 

Un groupe de musique porte d'ailleurs le nom de "Nèg' marrons" en hommage à ces hommes qui ont tenté de gagner leur liberté.


mardi 22 septembre 2015

Abasourdir



Abasourdir, c'est étourdir et comme assourdir par un grand bruit.

Par extension, c'est également "provoquer chez quelqu'un un sentiment voisin de la stupeur". 

L'abasourdissement  est un état psychologique qui entraîne souvent des conséquences physiques pour la personne qui en est atteinte : immobilité physique ou morale, voire anéantissement brusque de la personnalité.


Les différents synonymes que l'on utilise pour compléter le mot abasourdir délimitent le sens de abasourdir :

  • "Déconcerté"  concerne l'intelligence et la volonté, dont les projets sont bouleversés. 
  • "Hébété"  est relatif à la vivacité émoussée de l'esprit. 
  • "Effaré" insiste sur l'effroi causé.
  • "Abruti"  et étourdi apparaissent respectivement comme des synonymes d'abasourdi à valeur superlative et diminutive 

Etymologiquement, le mot n'a rien à voir avec le mot "sourd". Il faut chercher du côter le l'argot du moyen-âge. Le mot "bazir" signifiait "tuer" et a donné le mot "bassourdir". 

mardi 15 septembre 2015

Compter pour des prunes




Nous avons déjà étudié l'expression "compter pour du beurre", qui signifie "ne pas avoir d'importance".

Penchons-nous maintenant sur une expression qui a la même signification : "Compter pour des prunes".


L'expression "ne preisier une prune" est née à la fin du XIIème siècle. Pour connaître son origine, il faut remonter à la deuxième croisade, qui fut un échec cuisant.

En effet, la légende raconte que les Croisés, vers 1150, ramenèrent  avec eux des pieds de pruniers de Damas, car ils avaient découvert ces fruits goûteux là-bas. On imagine bien la réaction du peuple en voyant revenir les soldats vaincus et penauds avec uniquement leurs pruniers sous le bras. Toute cette expédition pour revenir avec des prunes! 

C'est ainsi que la prune a pris ce sens si négatif. Etonnant, non?

Compter pour du beurre



Compter pour du beurre, c'est ne pas avoir d'importance.

Curieuse expression, car le beurre est souvent associé à l'opulence, à la richesse (mettre du beurre dans les épinards, faire son beurre (= faire fortune), le beurre et l'argent du beurre).

En fait, ce n'est qu'à partir du XVème siècle que le beurre est devenu un produit de luxe, dans le nord et l'ouest de l'Europe. C'est à ces moments là que sont nées les expressions mentionnées ci-dessus.

Avant cela, le beurre était considéré comme la graisse du pauvre, l'huile étant au contraire un produit de luxe que l'on ne produisait qu'une fois par an (tandis que le beurre était produit toute l'année).

Ce sont les grecs qui l'ont découvert. Ils l'appelaient "bouturon" (de bous, la vache et turos, fromage). C'est ce mot qui a donné beurre en français, et butter en anglais.

Durant toute la période Antique et le Moyen-Age, le beurre était donc méprisé. Jules César le considérait comme un produit tout juste bon à graisser ses sandales. On l'utilisait pour lutter contre les infections de la peau, les brûlures, pour adoucir la peau ou faire briller les cheveux, mais ce produit manquait tout de même d'efficacité. Le beurre avait donc une vocation médicale discutable, et n'était pas vraiment apprécié, d'où l'expression "compter pour du beurre".

 Ce sont les peuples du Nord qui nous le transmettront comme produit à vocation culinaire. Mais étonamment, l'étymologie ne retiendra pas cette influence (en breton, on dit par exemple : "amann").

La prochaine fois, nous parlerons de l'expression "compter pour des prunes", qui a une signification similaire.

Escarcelle



L'escarcelle était une grande bourse attachée à la ceinture, en usage jusqu'au XVI ème siècle.

Par extension, elle a désigné par la suite une bourse ou un portefeuille, mais le mot n'est plus guère utilisé autrement que dans l'expression "faire tomber dans l'escarcelle", qui signifie "accroître les moyens financiers".

Escarcelle vient de l'italien escarcela signifiant "bourse", qui lui-même dérive de "scarso", signifiant "avare", l'avare ayant du mal à délier les liens de son escarcelle.

vendredi 4 septembre 2015

Copains comme cochons




Etre copains comme cochons c'est avoir de très forts liens d'amitiés, être toujours ensemble bras dessus, bras dessous, partager beaucoup de choses en commun.

Mais pourquoi cette comparaison avec les cochons? On ne peut pas dire que les cochons soient des animaux très sociables. Il suffit de mettre deux cochons ensemble, ils ne vont pas forcément devenir copains.

L'explication est toute simple : l'expression a été déformée avec le temps. Il ne s'agit pas du cochon, à l'origine, mais du soçon (déformé en sochon, puis en cochon)!

A l'origine, on disait en effet "copains comme soçons". Soçon voulait tout simplement dire "camarade, associé" (associé, soçon, même étymologie!).




jeudi 27 août 2015

Le futur et l'avenir




On confond souvent les mots "avenir" et  "futur".

Pourtant, ces deux mots ont un sens différent (en anglais, il n'y a qu'un seul mot : "future"):

  • Avenir désigne une époque que connaîtront ceux qui vivent aujourd’hui
  • Futur désigne un temps plus lointain, qui appartiendra aux générations qui nous suivront. 

Ainsi, on ne doit pas employer le terme futur pour évoquer la situation à venir d’une personne, mais on parlera bien de son avenir.

mardi 25 août 2015

Burn-out



Au moment où le burn-out est en passe de se voir classé dans le rang des maladies professionnelles, penchons-nous sur cet anglicisme.

Le burn-out est un syndrome qui apparaît dans le milieu du travail chez les personnes qui s'investissent trop et éprouvent un sentiment de surmenage.

Le mot est apparu en anglais dans ce sens-là en 1974 (sous la plume du psychologue américain Herbet Freudenberg), mais désignait auparavant les consommateurs de drogue en argot. Il est ensuite arrivé en France sous sa forme anglaise, en même temps que cette maladie faisait des ravages dans le milieu du travail.

On notera qu'il existe un équivalent français, mais qui est peu utilisé, sauf dans le domaine médical. En effet, la Commission d'enrichissement de la langue française a publié les équivalents syndrôme d'épuisement professionnel et Arrêt par épuisement. 

lundi 24 août 2015

Trempé comme une soupe


Etre trempé comme une soupe, c'est être totalement mouillé, de la tête aux pieds.

L'expression date de la fin du XVIIIème siècle. Si on considère le sens actuel de la soupe, ce breuvage à base de légumes, on pourrait penser que le fait d'être trempé comme un soupe vient du fait que la soupe soit un liquide.

La réalité est ailleurs. En effet, la soupe était, au Moyen-Age, une grande tranche de pain que l'on trempait dans le potage. 





Du coup, cette tranche de pain ressortait trempée, d'où l'expression "trempé comme une soupe". Ce n'est qu'à partir du XIXème siècle que le terme soupe a désigné, par métonymie, le potage et non plus la tranche de pain.

lundi 15 juin 2015

Panouille



Hier, je suis allé au cinéma pour voir Jurassic World. Le film joue sur la nostalgie du premier, mais il n'en arrive pas à la cheville, la faute à un scénario en roue libre, à une absence totale d'humour et à des personnages peu convaincants.

La presse avait tenté de nous convaince qu'Omar Sy détenait dans ce film un "vrai rôle", que cette fois-ci, promis-juré, il n'aurait pas qu'une simple apparition destinée à juste mettre son nom sur l'affiche et à faire vendre le produit en France.

Balivernes!

Le pauvre Omar, dont j'apprécie pourtant le talent et l'humour, n'a le droit qu'à une pauvre panouille!

Vous l'avez compris, le mot du jour, c'est "panouille".

Rien à voir avec les nouilles, quoique. Une panouille, c'est, dans l'argot du théâtre, un petit rôle, une figuration. Le mot vient de "panne", signifiant en argot "un rôle insignifiant" (le mot venant de "panade", signifiant "misère"). Une panouille, c'est encore pire.



vendredi 12 juin 2015

Bénéficier à


Le verbe bénéficier signifie « tirer profit ou avantage de quelque chose ».

Du coup, le sujet du verbe est nécéssairement le bénéficiaire de l'avantage, et non l'avantage lui-même.

On ne dira donc pas : "cette mesure bénéficie aux plus pauvres", mais "les plus pauvres bénéficient de cette mesure". Ou, si on ne veut pas utiliser le mot bénéficier, on dira : "cette mesure profite aux plus pauvres".

mercredi 10 juin 2015

Pandiculer




Vous avez tous pandiculé sans le savoir (non, ce n'est pas une insulte :))

En effet, pandiculer, c'est  étirer les bras vers le haut,  renverser la tête et le tronc en arrière et  étendre les jambes, parfois en bâillant. La pandiculation se produit souvent au réveil, en cas de fatigue, d'ennui, ou d'envie de dormir.

Le mot vient du latin "pandere", signifiant s'étendre, s'allonger.


mardi 9 juin 2015

Faire tintin




La société Moulinsart SA vient - enfin!- de subir un fameux revers en justice : après avoir porté plainte, comme à son habitude, contre une petite association de tintinophiles qui avait publié dans une brochure une case d'un album de Tintin (le plaignant voulait obtenir 35000€!!!), la société Moulinsart a reçu un fameux coup sur la tête, puisque l'association a déterré un document remettant en cause la légimité de ladite société, et ce depuis 1942, au profit de l'éditeur Casterman.

Concrètement, la société Moulinsart n'a plus le droit de leur réclamer des indemnités pour les reproductions, en tout cas au Pays-Bas. Et ça peut aller beaucoup plus loin que ça, attendons de voir ce que donnera la suite des événements.


L'arroseur arrosé, en somme. Comme dit l'expression, le bac se retourne toujours sur le pourceau!

Enfin, cette bonne nouvelle est l'occasion de se rappeler que tintin n'est pas qu'un nom propre.

"Faire tintin", signifie "être frustré, être privé de quelque chose".  "Tintin", utilisé tout seul, signifiant "rien du tout".

Cette expression, avec son sens actuel, est née dans les années 30, à une époque où fleurissait ce type de formulation pour désigner le mot "rien" : que dalle, que tchi, nada, que pouic, et tintin, donc.


Mais le mot est bien plus ancien : Au XIIIe siècle, 'tintin' était une onomatopée associée aux objets qui tintent, comme des pièces de monnaie. Au XIVème siècle, "tintin" désigne aussi un jeu où le perdant paye un gage en pièces de monnaie. "Faire tintin" signifie alors "payer en espèces sonnantes".

C'est par un drôle de glissement de sens que "payer en espèce sonnantes" s'est mis à signifier "se priver de quelque chose". L'hypothèse la plus probable, c'est que la notion de frustration viendrait du fait qu'on entend le bruit de la monnaie qui tinte, sans qu'on puisse la toucher.

Je suis en tout cas très content que la société Moulinsart et ce vampire de Nick Rodwell fasse tintin!

vendredi 22 mai 2015

Les mots de l'année 2015



Le festival du mot a rendu son verdict. Il n'y a pas un mot de l'année 2015, mais deux : LIBERTE et LAICITE (plus de 100 000 votants, tout de même!)

Au delà du fait qu'il est curieux de décerner le mot de l'année alors que l'année n'est pas écoulée (ça coïncide en revanche avec les lancements du Larousse 2016 et du Robert 2016, comme par hasard), le choix de ces mots est très "républicain", probablement en réaction aux attentats du 7 janvier et à toutes les craintes et les débats qu'ils ont soulevés.



Selon Alain Rey, président du jury :

Ces deux mots ont un rapport étroit l’un avec l’autre. La laïcité est un problème vivant, elle a pour but de défendre la neutralité entre l’état et toutes les convictions personnelles qu’elles soient religieuses ou athées. La laïcité donne la possibilité à tous de pouvoir s’exprimer, d’exprimer sa liberté d’expression. Le fait que les votants viennent de 118 pays différents montre l’universalité de ces deux valeurs fondamentales de la démocratie et de la république.


La laïcité est un mot utilisé aujourd'hui un peu à tort et à travers, beaucoup de gens n'en comprennent pas nécessairement l'acception ni les implications. La laïcité n'est pas incompatible avec la pratique de la religion. C'est tout simplement un principe selon lequel l'Etat est séparé de la société religieuse, c'est-à-dire qu'il en est indépendant en tout point, et totalement neutre (il ne se mêle pas des affaires de religion, comme la société religieuse ne doit pas non plus influencer ses décisions.), mais cela ne signifie pas qu'il ne tolère pas la pratique religieuse. Laïc provient du latin ecclésiastique laïcus (XIIIè siècle), lui-même emprunté au grec d'église « laikos », qui désigne le non-clerc, et donc le "commun", "du peuple". Par extension, laïc s’applique à tout ce qui apparient à la vie civile, au monde profane (1690). Dans le contexte du débat idéologique entre valeurs religieuses et valeurs républicaines, l’adjectif « laïc » désignera aussi (XIXe siècle) ce qui est indépendant de toute croyance religieuse.

Pour rappel, l'année passée, les mots étaient "Transition" et "Selfie" (beurk). Sur la droite du site, vous pouvez vous aussi voter pour le mot de l'année 2015 (vous avez jusqu'à la fin de l'année!)

mardi 19 mai 2015

Sésame



Le mot "sésame" désigne une graine originaire du Moyen-Orient, mais également une méthode appropriée (mot de passe, lettre de recommandation, pot-de-vin, etc.) pour se faire ouvrir un passage gardé, se faire introduire dans un lieu clos ou réservé.

Mais quel est le lien entre ces deux significations, la graine, et la clé?

En réalité, le deuxième sens du mot provient de la phrase du conte des Mille et une nuits prononcée par Ali Baba pour ouvrir la grotte : "Sésame ouvre-toi !"




L'origine de cette phrase est en revanche très obscure. Il existe plusieurs hypothèses à cette formule, à vous de choisir!




  •  Wikipédia propose d'autres significations, notamment le nom du paradis dans la kabbale : šem-šamáįm ("shem-shamayim"). Le Sésame serait aussi lié à des pratiques magiques chez les Babyloniens. Par ailleurs, dans la culture ayurvédique, cette plante est symbole d'immortalité. 

  • L'emploi de  l’huile de sésame pour l’éclairage pourrait justifier l'expression "Sésame, ouvre-toi ; cette expression signifie aux Indes : “apportez les lumières, allumez les lampes”. Source :Société de Géographie de Bordeaux

  • Il est également possible que le mot simsim (sésame, en arabe), soit une déformation de timtim signifiant "couvercle", "bouchon". Source


Bref, on le voit bien, il est difficile de connaître la signification de cette expression, et ce d'autant plus que durant plusieurs siècles ces contes se sont transmis oralement et ont subi de nombreuses modifications (de l'Inde à l'Iran, puis au monde Arabe. La seule chose que l'on sait, c'est que le sens actuel du mot provient du conte Ali Baba et les 40 voleurs. Pour le reste, c'est le flou total!

lundi 18 mai 2015

Les nouveaux mots du Larousse 2016



Le nouveau Petit Larousse 2016 va sortir le 28 mai 2015.

Il s'agit de la 111ème édition, puisque le célèbre dictionnaire a vu sa première parution en 1905. Pour l'occasion, cet ouvrage, présent dans 2 foyers sur 3, s'est enrichi de 150 nouveaux mots, comme l'année passée. Le chiffre est rond, ça sonne bien.

Penchons-nous un peu sur ces fameux 150 nouveaux mots qui sont entrés dans le dictionnaire.

Quand on y regarde bien, on voit que dans cette liste se côtoient des mots :

  •  Apparus très récemment dans le langage courant et plus ou moins élégants (bolos - drôle d'orthographe par ailleurs, clivant, dédiabolisation, zénifiant, zadiste, fashionista, mémériser, glamouriser, bistronomie

  • Qui existent depuis longtemps dans l'usage (chouiner, durabilité, cuisine "moléculaire", baie de Goji, "circulation alternée", "particule fine", la tomate "coeur de boeuf", le guar)...on les utilise d'ailleurs depuis tellement longtemps que je pensais qu'ils faisaient déjà partie du dictionnaire. 

  • Des mots d'origine anglosaxonne, adoubés par le Larousse (selfie, la "lose", bitcoin, big data, open data, community manager, végan)

  • Appartenant au patrimoine des autres pays francophones comme le Québec, la Belgique ou les pays Francophones d'Afrique (égoportrait - l'aternative francophone du mot "selfie", chneuquer, siester)  


samedi 9 mai 2015

Fancy-fair




Avant d'habiter en Belgique, j'ignorais totalement ce qu'était une "fancy-fair".

Il faut dire que c'est un mot typiquement belge. Il désigne une fête de bienfaisance (en plein air), organisée pour lever des fonds pour une oeuvre caritative, une école ou une association. C'était d'ailleurs la fancy-fair de ma fille chérie ce samedi.

En France, on dirait une kermesse, mais ce mot a une connotation religieuse (le mot vient du néerlandais Kermis, de kerk = église et mis = messe).

Fancy fair est ce que l'on appelle un faux-anglicisme (ou franglicisme), c'est-à-dire d'un mot composé de mots anglais, mais qui n'existe pas en anglais ou alors, pas dans le même sens (exemples : un smoking, le footing...).

Le mot est composé de fancy (fantaisie) et fair (foire, fête).


On retrouve également ce mot dans la chanson "le baiser", d'Alain Souchon :
La Belgique locale
Envoyait son ambiance musicale
De flonflons à la française,
De fancy-fairs à la fraise.

vendredi 24 avril 2015

Suspecter, soupçonner



Les mots soupçonner et suspecter sont souvent employés l'un pour l'autre.

Pourtant, il existe une petite nuance : quand l'objet du soupçon n'est pas foncièrement réprehensible, on dit toujours "soupçonner", et jamais "suspecter".


Exemples :

  • On dit : Je le soupçonne de l'aimer en secret. On ne peut pas dire "je le suspecte de l'aimer en secret", car aimer en secret n'est pas un pêché en soi.

  • On dit : Je le soupçonne d'avoir commis un crime, ou bien , indifféremment : Je le suspecte d'avoir commis un crime.


Ces deux mots ont la même étymologie. Ils viennent de "suspicere", signifiant "regarder de bas en haut". Avec l'origine de ce mot, on imagine bien le comportement d'une personne qui en soupçonne ou suspecte une autre en la toisant attentivement, en la regardant de bas en haut.

Enfin, on ajoutera que seul suspecter peut être suivi d'un objet inanimé avec le sens de "tenir pour suspect" : je suspecte son honnêteté, sa bonne foi. Avec soupçonner, on dirait: je soupçonne son honnêteté d'être simulée.

jeudi 23 avril 2015

Aubaine



Une aubaine, c'est un gain inespéré, providentiel.

Mais saviez-vous qu'à l'origine, il s'agit d'un terme de droit?

Le droit d'aubaine est au Moyen-Age un droit en vertu duquel les biens de la succession d'un aubain devenaient la propriété du roi.

Mais qu'est-ce qu'un aubain? Tout simplement un étranger qui meurt hors de son pays.

L'aubaine, c'était donc, pour un roi, d'hériter de la fortune d'un riche étranger qui venait à mourir dans son pays (pour autant qu'il l'ait sur lui), ce qui est évidemment une bonne nouvelle - inattendue -  pour les finances du royaume. Inutile de dire que ce droit était très diversement apprécié, notamment par les marchands ou les mercenaires qui étaient souvent amenés à voyager hors de leur pays, et ce d'autant plus que l'époque n'était pas sans danger.

Ce droit a progressivement disparu, transformé en taxe sur la succession des étrangers, et bénéficiant d'exceptions en fonction des nationalités. Il a été définitivement aboli en France à la Révolution Française.

mardi 21 avril 2015

En loucedé



Faire quelque chose en loucedé, c'est agir en douce, en finesse, sans se faire remarquer.

Ce mot remonte au début du XIXème siècle et vient de l'argot développé par les bouchers parisiens et lyonnais, que l'on appelait le "louchébem" (ou loucherbem). Cette forme de langage avait pour but de ne se faire comprendre qu'entre initiés, en cryptant les mots. Les voleurs, les policiers, les résistants avaient également leur propre argot, par exemple.

Les règles de cryptage sont assez simples, en louchébem, il suffit juste de les connaître :

  1. Déplacez la première consonne d'un mot à la fin
  2. Placez un "L" au début du mot 
  3. Ajoutez à la fin du mot un suffixe tel que "-bem", "-oque", "-dé", "-ji", "-uche", "é", "ah", ou "ème". 
Bien sûr, comme il s'agit d'un langage non écrit, l'orthographe peut varier, mais les règles de base restent les mêmes.

Dans le cas de "Loucedé", on part donc de "DOUCE".
  1. On met le "d" à la fin : "Douce" devient "Ouced"
  2. On rajoute le L, donc "Louced"
  3. On met le suffixe "é", et on obtient donc "loucedé'

D'autres mots sont passés du louchébèm au langage courant, par exemple : 
  • Fou : Loufoque
  • A poil : A loilpé
  • Filou : loufiah
Cela dit, beaucoup de mots n'ont pas percé dans le langage courant, car trop alambiqués.

lundi 20 avril 2015

Ca matche!



On l'entend beaucoup à la télé, cette expression : "Ca matche"

Pour dire que deux ingrédients vont bien ensemble, par exemple (n'est-ce pas, Top Chef?). Pour dire que deux personnes s'entendent bien : elles matchent bien.

Ca matche, ça marche.

Le problème, c'est que cet usage est fautif en plus de ne pas être très élégant.

"To match", en anglais, peut traduire deux idées contraires. D'un côté, une idée d’affront, de compétition, et c'est d'ailleurs dans ce sens que le mot "match" est entré dans la langue française (un match de tennis). Mais ils peut aussi évoquer une idée d’harmonie.   "To match well", c'est "être bien assortis", par exemple. C'est d'ailleurs dans ce sens que l'anglicisme "ça matche" est utilisé, ce qui est dommage car il existe en français de nombreuses alternatives plus élégantes, en voici quelques unes :

  • aller bien ensemble
  • aller bien avec quelque chose
  • s'accorder
  • être bien assortis
  • être en harmonie
  • faire la paire
  • ...





vendredi 27 mars 2015

Amok




Amok est un mot que j'ai découvert en lisant la presse allemande suite à l'accident du vol German Wings :


Was steht in der geheimen Krankenakte des Amok-Piloten? 
Traduction : Qu'y a-t-il dans le dossier médical confidentiel du pilote-fou? 


Le copilote Andreas Lubitz est donc désigné comme un Amok, c'est-à-dire un fou.

Le mot existe également en français, et se définit ainsi : "Folie meurtrière particulière au Malais" et par synecdoque "l'individu qui se trouve lui-même dans cet état de folie".


Jean-Paul Sartre l'utilise d'ailleurs dans "La Nausée" :

des Samoyèdes, des Nyams-Nyams, des Malgaches, des Fuégiens célèbrent les solennités les plus étranges, mangent leurs vieux pères, leurs enfants, tournent sur eux-mêmes au son du tam-tam jusqu'à l'évanouissement, se livrent à la frénésie de l'amok, brûlent leurs morts, les exposent sur les toits, les abandonnent au fil de l'eau sur une barque illuminée d'une torche... 

Le mot est arrivé du malais vers le portugais à la Renaissance, puis vers l'anglais, et ensuite vers le français, pour désigner une folie meurtrière subite que les explorateurs avaient observée dans certaines tribus de Malaisie, des Philippines ou de Java par exemple.

Aujourd'hui, il désigne une maladie psychiatrique qui reste liée au contexte social et culturel de ces pays-là. Dans les années 1950, des ethnologues et des psychiatres ont d'ailleurs théorisé cette maladie, décrivant l'Amok comme une action soudaine, effrénée et meurtrière d'un homme (les femmes ne sont jamais victimes d'Amok) possédé par un esprit vengeur. C'est une pathologie qui conduit au suicide et au meurtre.

Un exemple dans la presse malaisienne, ici .

mercredi 25 mars 2015

Dessiller



Dessiller, c'est faire prendre conscience à quelqu'un de la réalité, de la vérité. On dessille le regard de quelqu'un, on lui dessille les yeux quand on l'amène à voir ce qu'il ignorait ou voulait ignorer.

En d'autres termes, dessiller, c'est "ouvrir les yeux" de quelqu'un, au sens figuré.

L'origine de ce mot est intéressante. Il vient du vocabulaire de la fauconnerie : pour dresser un faucon on lui cousait d'abord les paupières avec une aiguille et du fil (on le "cillait"). Ainsi, il ne pouvait pas voir, et ne se débattait pas. Cette pratique est désormais révolue, on applique un capuchon sur la tête du faucon, c'est un peu moins brutal.


Faucons cillés



A la fin du dressage, on le "dessillait", c'est-à-dire qu'on lui décousait les paupières. Contrairement à ce que la graphie pourrait faire penser, le mot dessiller vient du latin cilium (qui a donné "cil"), et qui signifiait "paupière". Il s'agit en fait d'une mauvaise orthographe attestée depuis le XIX ème siècle : on devrait écrire normalement "déciller".

dimanche 22 mars 2015

Terrorisme

Les attentats terroristes du 11/09/11


Le terrorisme, ce sont des actes de violence qu'une organisation exécute dans le but de désorganiser la société et de créer un climat d'insécurité, l'objectif étant au final de prendre le pouvoir sur les ruines d'une société fragilisée.

A ce titre, l'attentat contre Charlie Hebdo, les meurtres du musée Bardo en Tunisie, ou les attentats du World Trade Center participent de cette logique qui consiste à frapper n'importe où, n'importe quand, pour créer ce climat de peur, de terreur.

Le mot "terrorisme" date de 1794, et n'avait pas cette signification à l'époque. Pendant la Révolution Française, le terrorisme, c'était la politique menée par Robespierre, nommée la Terreur. C'était donc une politique très répressive menée par le pouvoir en place pour chercher à empêcher le peuple de se révolter et maintenir le gouvernement en place par la peur. Complètement différent donc des actes de violence perpétrés par une organisation qui cherche à prendre le pouvoir!

Le sens actuel est arrivé dans la deuxième moitié du XXème siècle, avec la montée de groupuscules politiques violents tels que le FLN, l'IRA, l'ETA ou le FLNC.

vendredi 20 mars 2015

Eclipse

Aujourd'hui, c'est jour d'éclipse pour le nord de l'Europe, et également premier jour du printemps 2015.


Une éclipse, c'est la disparition apparente et temporaire d'un astre (aujourd'hui, le soleil), provoquée par l'interposition d'un corps céleste (aujourd'hui, la lune) entre cet astre et l'œil de l'observateur (nous).


Par extension, l'éclipse désigne la disparition furtive de quelqu'un ou de quelque chose, ou la disparition temporaire (une éclipse, en astronomie, ne durant jamais longtemps). 

Le mot vient du latin eclipsis, qui vient lui-même du grec ε ́ κ λ ε ι ψ ι ς  signifiant "défection, abandon".

vendredi 13 mars 2015

Nidoreux

Oeufs pourris


Avez-vous déjà senti une odeur d'oeuf pourri ?

Si oui, le mot pour désigner quelque chose qui sent l'oeuf pourri est "nidoreux" (du latin "nidorosus" signifiant : qui a une odeur de brûlé).

Au passage, cette odeur est celle de l'hydrogène sulfuré, un gaz qui se forme quand un oeuf pourrit, mais aussi dans certains volcans. C'est aussi le gaz utilisé dans les boules puantes.

Ploutocratie

La ploutocratie en image


La ploutocratie, c'est un système politique ou un ordre social dans lequel la puissance financière et économique est prépondérante. 

 Le mot "plutocracy" est né en Angleterre au 17ème siècle pour désigner la domination des riches, puis est arrivé en France sous la forme "Ploutocratie" (à cause de la prononciation anglaise).

 Il est formé de π λ ο υ ̃ τ ο ς (plutos = la richesse) et κ ρ α ́ τ ο ς (cratos = la force, la domination) . Plutos a donné notamment le dieu Pluton, qui était, en plus des enfers, le dieu de la richesse. Le philosophe Plutarque tient aussi non nom de ce mot grec (étymologiquement : maître des richesses)

Rien à voir avec les ploucs, donc. Quoique.

Zadiste




Le mot du jour, c'est "zadisme".

Un terme utilisé par les journalistes pour désigner les activistes qui se déploient sur une zone amenée à recevoir un aménagement (aéroport, barrage) afin d'annuler le projet et protéger le lieu.

Le mot est né en 2012, suite au projet de construction de l'aéroport de Notre Dame des Landes, pas loin de Nantes, dans une ZAD, Zone d'Aménagement Différé. En gros, une zone où un projet d'aménagement public est prévu, et où l'Etat s'aroge le droit d'acquérir les terrains et tout ce qui se trouve dessus afin d'éviter toute spéculation et s'assurer de pouvoir mener le projet à bien.

Les opposants au projet de ZAD à Notre Dame des Landes ont détourné l'acronyme ZAD en "Zone à défendre" et se sont installés sur place, décidés à empêcher la construction. Ils se sont alors eux-mêmes nommés les "zadistes", terme qui a été repris ensuite par les journalistes venus faire des reportages sur place.

Ce mot est donc apparu tout naturellement avec un mouvement de rebellion, et s'est propagé à chaque fois qu'un projet de ce type a conduit un groupe de militants à s'y opposer, se rassemblant tous derrière l'étiquette de zadistes, facilement reconnaissable et identifiable pour les journalistes (c'est un peu de la "communication").

"Zadiste" n'est pas le seul terme formé à partir d'un acronyme. Il existe aussi énarque, cégétiste, smicard, rmiste, capésien, cébiste...La formation de ces mots est aléatoire, et dépend surtout de la sonorité, percutante ou non.


jeudi 26 février 2015

Le donjon en danger



Le donjon, c'est cette tour maîtresse d'un château fort, souvent isolée de la construction et servant de dernier refuge aux défenseurs.

Le danger, c'est une situation où une personne (ou un pays) est menacé(e) dans sa sécurité ou, le plus souvent, dans son existence.

On se réfugiait donc dans le donjon, pour échapper au danger.

Ces deux mots ont un lien étymologique, mais pas du tout pour cette raison.

En effet, donjon et danger viennent tous les deux du latin "dominus", signifiant "le maître".

Dans le cas du donjon, il vient du latin médiéval domnionus signifiant la "tour maîtresse", donc la tour principale qui domine tout.

Dans la cas du danger, il vient de dominarium signifiant "pouvoir" (le maître étant la personne qui dispose du pouvoir). Le sens a ensuite dévié grâce à l'expression "être en danger de", signifiant "être à la merci de", introduisant le sens de crainte et de risque.




mercredi 25 février 2015

Convaincre et persuader



On utilise souvent indifféremment le mot "convaincre" ou "persuader" pour désigner le fait de tenter d'amener quelqu'un à partager son avis.

Mais il existe une différence de taille entre ces deux termes :



  • Convaincre, c'est amener l'esprit à croire en lui présentant des preuves qui écartent le doute et imposent l'acquiescement de la raison. 
  • Persuader, c'est inspirer au coeur une confiance ou une croyance qui détermine la volonté, fût-ce pour des raisons trompeuses.

En d'autres termes, on convainc une personne avec des arguments logiques, et on persuade quelqu'un en faisant appel à ses émotions. C'est pour cela que le mot "persuader" a souvent une connotation négative, car il est proche de la notion de manipulation.

vendredi 20 février 2015

Obvie

Captain obvious, le super-héros des évidences


Le mot du jour, c'est "obvie". Un mot un peu oublié, utilisé dans un langage soutenu.

Il signifie : Qui vient naturellement à l'esprit; qui va ou qui semble aller de soi, en d'autres mots, évident.

Vous pensez du coup au mot anglais "obvious", qui signifie la même chose? Vous avez raison, ces deux  mots viennent du latin "obvius" signifiant "qui se présente à proximité, de "ob" devant, et "via", le chemin. Car l'évidence, c'est ce qui se trouve devant soi.

mercredi 18 février 2015

Glabelle




Glabelle, c'est un mot peu connu, qui désigne quelque chose que nous avons tous : l'espace entre les deux sourcils, normalement dépourvu de poils.

Glabelle tire son origine du latin "glaber" qui a donné "glabre" et signifie "sans poil".

Bien sûr, quand vous pensez à cela, vous ne pouvez-vous empêcher d'imaginer les sourcils d'Emmanuel Chain, qui eux, se rejoignent au niveau de la glabelle. On parle alors de synophris (ophris signifiant "sourcil" en grec) pour désigner cette particularité médicale.

Les poils qui peuvent se trouver entre les sourcils portent quant à eux le nom de "taroupe

mardi 17 février 2015

Avoir plusieurs cordes à son arc

Légolas, qui a plusieurs cordes à son arc (et un nombre illimité de flêches)


Avoir plusieurs cordes à son arc, c'est avoir les capacités pour exercer plusieurs métiers, plusieurs activités différentes.

Mais savez-vous d'où vient cette expression?

Au Moyen-Age, on disait "Avoir deux cordes à son arc", et cette expression vient directement d'une ordonnance publiée par Charlemagne en 813 concernant l'équipement de ses soldats. En effet, lorsqu'un archer venait à casser la corde de son arc, il se retrouvait fort dépourvu car incapable de combattre. Charlemagne a donc exigé que les archers aient une corde de rechange :

Lorsque le comte passera en revue ses soldats, il prendra soin qu'ils soient équipés d'une lance, d'un écu, d'un arc avec deux cordes et 12 flêches.

C'est ainsi que l'expression est née, et a ensuite désigné les personnes ayant développé des aptitudes leur permettant d'exercer un autre métier au cas où le premier ne leur permettrait plus de vivre.

lundi 16 février 2015

Superfétatoire ou superflu ?



Superfétatoire et superflu sont deux mots extrêmement proches dans leur prononciation et dans leur signification, même si le premier, trop long et compliqué est moins utilisé que le second.

Il existe toutefois une nuance très subtile entre ces deux mots :


  • Superfétatoire désigne ce qui s'ajoute inutilement à une autre chose



  • Superflu désigne ce qui n'est pas nécessaire


L'adjectif superflu englobe donc une notion plus large. Quelque chose de superfétatoire est nécessairement superflu. Quelque chose de superflu n'est pas forcément superfétatoire.

Deux exemples :


  • Aujourd'hui, il fait froid. J'ai mis mon bonnet. Le chapeau est superfétatoire.



  • Aujourd'hui, il fait chaud, le bonnet est superflu.




jeudi 12 février 2015

Bretonnisme







C'est tout frais, le mot "bretonnisme" va faire sa rentrée dans la prochaine édition du Robert 2016 (sortie : juin 2015) !

Ce mot a été inventé en 2010 par Hervé Lossec, qui a sorti un livre à succès : "Les bretonnismes", vendu à 180 000 exemplaires. Il est défini ainsi par son inventeur :


C'est un mot que j'ai inventé, à l'image des "gallicisme", "anglicisme" ou "latinisme"... pour évoquer ce français tel qu'on le parle en Bretagne. Toutes ces expressions comme "Comment que c'est ?", "Celui-ci est parti fou !", "Il est arrivé vieux !". Tous ces mots (fonnus, gwenneg, restachoù, startijenn) qui alimentent le langage quotidien des Bretons et qu'eux-mêmes utilisent sans toujours se rendre compte qu'ils ne sont pas intelligibles ailleurs qu'ici !


Nul doute que cette nouvelle va faire du Reuz' en Bretagne (et assurer un nouveau succès au livre d'Hervé Lossec), même si ça n'enlève rien au problème de la transmission et de la survie de cette langue aux jeunes générations.