Faire tintin

Découvrez l'origine de l'expression "Faire Tintin".

Mots de l'année 2015

Le mot de l'année 2015 a déjà été choisi!

Qu'un sang impur abreuve nos sillons

Ces quelques mots de la Marseillaise font polémique. Découvrez pourquoi.

Nouveaux mots

Le Larousse 2016 a dévoilé ses nouveaux mots!

Optimismer

Avec Carrefour, avant, on positivait. En 2015, on "optimisme"!

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mercredi 19 novembre 2014

Zythologie

Bière



Vous connaissez certainement l'oenologie (prononcer : "énologie", et non "eunologie"), la science qui a pour objet l'étude de la fabrication et la conservation du vin.

Les amateurs de bière ont estimé que leur boisson préférée méritait aussi sa spécialité, et ont donc créé la zythologie (de zythos = bière).

Ce néologisme se répand depuis 2007, en particulier en Belgique, il est fort possible que son succès grandissant l'amène à intégrer un jour le Larousse ou le Robert.

Il existe d'ailleurs des formations en zythologie organisées en Wallonie, et les 8 premiers diplômés ont déjà reçu leur diplôme .

(on notera au passage que le cercueil, qu'on appelle familièrement la bière, n'a rien à voir avec le breuvage)

mercredi 15 octobre 2014

Food Porn


(Campagne pour le Guide Restos Voir 2014 - équivalent du Guide Michelin au Canada / Crédits : Leda & St-Jacques / Rodeo Production


Vous n'avez pas pu passer à côté de cette nouvelle tendance : de plus en plus de gens, et peut-être vous au restaurant par exemple, prennent plaisir à prendre des photos de ce qu'ils mangent, et à les partager sur les réseaux sociaux.

La généralisation des smartphones, le retour en grâce des émissions culinaires, la volonté croissante de vouloir montrer que l'on a fait une jolie découverte ou que l'on a fait quelque chose de beau (narcissisme des réseaux sociaux) sont les facteurs de succès de cette mode.

Cette tendance est appelée ainsi  :  Food Porn.

A l'origine, en 1984 cette expression désignait, la manière érotique dont les aliments étaient esthétisés dans les publicités : des légumes aux formes sensuelles, des fruits ruisselants comme des corps de femmes sous la pluie, de la viande brillante comme une lèvre pulpeuse... Elle a été inventée par Rosalind Coward, une journaliste féministe anglaise qui estimait que l’industrie de la pub manipule ce qu’elle croit être le désir féminin pour améliorer ses ventes. Il s'agissait donc d'une pratique jugée détestable.

La food pornography supprime l’étape de la fabrication d’un repas. La lumière est toujours parfaite. Les photos sont souvent retouchées [...] Elle invisibilise et démonétise ainsi le “travail ménager” – encore très majoritairement celui des femmes au début des années 80. [...] Aspirer à produire des plats parfaitement présentés est le symbole d’une volonté de servitude”,

L'expression s'est ensuite popularisée dans les années 90 aux Etats-Unis. Elle prend alors un sens positif, associant la nourriture au plaisir sexuel, et s'éloignant du même coup de l'acception originelle.

Aujourd'hui, le mot "porn" s'est généralisé à toutes les photos alléchantes, que ce soit de voitures (Car Porn), de bâtiments (Architecture Porn) ou même de paysages (Earth Porn), et s'est introduit dans la langue française, qui le reprend tel quel, sans aucun recul, et sans aucune alternative, preuve que la langue française manque particulièrement de ressource et d'imagination pour tous les phénomènes nouveaux en provenance des réseaux sociaux anglophones. Je m'étonne du succès de ce terme, car le mot "pornographie" a en France une connotation extrêmement négative (que n'a pas le mot "érotisme", d'ailleurs). Il est vraiment dommage d'associer une démarche esthétique (prendre des photos de jolies choses, alimentaires ou non) à quelque chose de salace, et de vulgaire, non?

Rappelons tout de même que "Porn" vient du grec : π ο ́ ρ ν η, qui signifie "Prostituée".

A ce rythme, ça ne m'étonnerait même pas de voir arriver le "scato food" (si ça se trouve ça existe déjà), qui pourrait désigner une nouvelle tendance consistant à prendre une photo du plat avant, et après son ingestion?

Avant

Après







mardi 30 septembre 2014

Nomophobie


Un homme souffrant de nomophobie (et qui ne se rend pas compte que son téléphone est collé à son oreille)


Si vous devenez anxieux quand votre téléphone portable n’est pas près de vous ou si vous avez peur de le perdre, alors vous êtes ce qu'on appelle un nomophobe.


 La nomophobie est la peur de la perte de son téléphone ou même de ne pas pouvoir l’utiliser, (pas de réseau, batterie à plat...).

 Le terme est un néologisme inventé en 2008 en Angleterre, et construit par contraction de l'expression anglaise « no mobile-phone phobia".

C'est ce que l'on appelle un "monstre étymologique", car il mixe deux langues différentes (l'anglais et le grec ancien), il faudrait donc le proscrire. En effet, Si on y regarde de plus près, la nomophobie devrait plutôt être la peur des lois, car nomos signifie "loi" en grec. C'est pour cela que l'on a proposé une alternative : "adikphonia" (de addiction, et téléphone), mais la notion de phobie est totalement absente de cet autre néologisme.

mardi 23 septembre 2014

Graphocratiaphobie : la fameuse "phobie administrative"


Un homme frappé de phobie administrative


Nous avons appris récemment que Monsieur Thévenoud, anciennement ministre de la France, était touché par une mystérieuse maladie : la "phobie administrative", qui l'a conduit à ne pas payer ses factures, ses impôts, son kiné,...la liste est tellement longue que ça ressemble à un gag.

Au delà du fait qu'il est étonnant qu'un homme exerçant un travail intimement liée à l'administration souffre lui-même d'une phobie de l'administration, nous avons essayé de donner un nom à cette curieuse phobie.

Dans Wikipedia sont recensées toutes les phobies connues, parmi lesquelles on en trouve quelques unes humoristiques : http://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_de_phobies . Je me suis d'ailleurs penché sur trois d'entre elles, très amusantes :


Alors, comment pourrait-on appeler la "phobie administrative"? Pour le suffixe, c'est facile : phobie.
Pour le début du mot, penchons-nous sur la racine grecque : Grafeiokratia désigne en grec ancien la "paperasse", je pense que c'est du coup le meilleure proposition.

Ainsi, en francisant un peu le mot, on arrive à "Graphocratiaphobie". Le tour est joué, nous avons créé un joli néologisme!



lundi 8 septembre 2014

Aptonyme

Laurent Barre, expert-comptable

Un aptonyme, c'est un nom qui convient particulièrement à la personne qui le porte.

On notera par exemple :

  • Gérard Manfroy, chauffagiste à Waterloo
  • Marco Velo, cycliste professionnel
  • Benjamin Millepied, danseur
  • Robert Grossetête, philosophe
  • Mickaël Gelabale, basketteur
  • Docteur Pippi-Salle, urologue
  • Pierre Plouffe, champion du monde de ski nautique
  • Simon Loterie, qui a gagné au loto

Des aptonymes, en images : 

E. Malfaisan, Mandataire de Justice

Docteur Soulacroup, Gynécologue

Docteur Bonnemort, médecin


Et il y en a beaucoup d'autres encore!

Dans la plupart des cas, les aptonymes n'ont rien de particulièrement amusant, car beaucoup de patronymes sont issus du métier qu'exerçait la personne (Boulanger, Couturier...),  ou d'une caractéristique physique (Leroux, Lebrun...). Autrement dit, la plupart des noms de famille ont d’abord été des aptonymes. Les surnoms pouvaient varier au cours du temps et se transmettaient parfois aux enfants. Ce n'est qu'au XVIe siècle, que l’instauration de l’état civil mit un terme à ces pratiques et que le nom de famille s’est  transmis systématiquement, diminuant du même coup le nombre d'aptonymes, sauf par exemple dans les cas où un métier se transmettait de génération en génération.

Un contraptonyme est un nom qui ne correspond pas du tout à la personne qui le porte.

Etymologiquement, "aptonyme" est ce que l'on appelle un "monstre", c'est-à-dire un mot mélangeant une racine latine (aptus = adapté), et grecque (onyme = nom).

Pour en savoir plus sur les aptonymes, rendez-vous sur le site canadien dédié à ces particularités.

Et pour finir, ce gag de Geluck :


samedi 24 mai 2014

Les nouveaux mots du Larousse 2015




Le nouveau Petit Larousse 2015 va sortir le 5 juin 2014. Il s'agit de la 110ème édition, puisque le célèbre dictionnaire a vu sa première parution en 1905.


Pour l'occasion, cet ouvrage, présent dans 2 foyers sur 3, s'est enrichi de 150 nouveaux mots. Le chiffre est rond, ça sonne bien (au total, il y a 62500 mots et 28000 noms propres).  Les pages roses, qui parcourent les différentes locutions, ont été enrichies par Bernard Cerquiglini (le présentateur de "Merci Professeur", une émission de TV5 Monde que j'aime beaucoup, très ludique).

Penchons-nous un peu sur ces fameux 150 nouveaux mots qui sont entrés dans le dictionnaire. Quand on y regarde bien, on voit que dans cette liste se côtoient des mots :

  •  Apparus très récemment dans le langage courant (vapoter, cigarette électronique, imprimante 3D, tourisme spatial)
  • Qui existent depuis longtemps dans l'usage(complément alimentaire, annus horribilis, "made in", température ressentie, obsolescence programmée, micropaiement, zénitude), tellement longtemps que je pensais qu'ils faisaient déjà partie du dictionnaire.
  • Que je ne connaissais pas du tout car appartenant à un vocabulaire spécifique (wushu, stiletto)
  • Appartenant au patrimoine des autres pays francophones comme le Québec, la Belgique  ou les pays Francophones d'Afrique (tchouler, amancher)


Il y a donc un choix délibéré de modernité (qui permet aussi de faire parler sur les réseaux sociaux et dans la presse, de la nouvelle édition du dictionnaire :)), allié à une volonté de favoriser les mots qui sont bien ancrés dans l'usage courant.

Voilà quelques mots qui ont retenu mon attention :


  • Exosquelette : C'est un équipement articulé pourvu d'un moteur que l'on fixe sur un membre handicapé pour en faciliter le mouvement. Le mot est utilisé dans le vocabulaire médical (et aussi dans la science-fiction depuis longtemps, et vient de "ex" (en dehors) et squelette (la charpente osseuse des vertébrés), le mot venant du skeletos qui signifiait corps desséché, momie. 
  • Véganisme : mode de vie alliant le végétalisme (aucune consommation de produits issus d'animaux), et le refus de consommer tout produit en provenance d'un animal (pull en laine, chaussures en cuir...). Cette tendance vient des Etats-Unis, il n'est pas étonnant donc que la racine du mot soit anglophone. Le mot "Vegan" est né en 1944 sous la plume de Donald Watson, combinant le mot "vegetable" (légume, plante) et le suffixe "an", signifiant "se rapportant à".
  • Stiletto : chaussure de femme à talon aiguille d'au moins 10 cm. Le mot vient de l'italien (l'Italie étant le pays de la chaussure) "Stiletto", qui signifie "petit poignard, stylet", le talon aiguille faisant référence à ce poignard. 
  • Motion Capture : (capture de mouvement, en anglais) Il s'agit d'une technique vidéographique qui permet d'enregistrer les mouvements d'un être vivant afin de les restituer en image de synthèse. Le Petit Larousse a choisi d'intégrer ce mot directement, malgré le fait que ce soit un anglicisme, car aucun équivalent français ne s'est imposé dans la langue courant
  • Tchouler : ce mot est un belgicisme et signifie "pleurer, sangloter". Il vient du wallon "tchouler, ou tchâler", qui a donné le mot "chialer" en Français. Eh oui, l'origine du mot "chialer" est wallonne!
  • Zénitude : contraction de Zen (qui vient du japonais, et signifie quiétude, méditation) et d'attitude : étant de tranquillité. 
  • Scud, et se prendre un scud : le mot "scud" entre dans le dictionnaire avec un sens figuré, pour désigner une critique acerbe. Le scud était le nom donné par l'OTAN à un missile soviétique à courte portée. L'expression est donc imagée


Merci à Larousse de m'avoir envoyé le communiqué de Presse :)


mercredi 26 mars 2014

Nouveaux mots de la semaine



Dans le cadre de la Semaine de la langue Française et de la Francophonie, un concours a été organisé pour élire de nouveaux mots. 3000 participants se sont prêtés au jeu, et voici les gagnants :

  •  Escargoter : Prendre son temps. 
  •  Se mémériser : (verbe pronominal, 1er groupe) Se vieillir au moyen d'habits hors d'âge. 
  •  Tôtif : Le contraire de tardif : un réveil tôtif ; et l'adverbe dérivé : tôtivement. 

On notera tout de même que l'Académie française n'intègre dans son Dictionnaire que les mots validés par l'usage, ce qui n'est pas encore le cas des mots mentionnés ci-dessus. Elle ne peut donc prendre en compte des créations lexicales qui, aussi amusantes soient-elles, relèvent plus du jeu de mot, (et cette expression n'est en rien péjorative), que de la terminologie.


Parmi les mots qui été nommés, voici la liste complète, n'hésitez pas à dire ce que vous en pensez! :

  • Afrancien : (n. et adj.) Français d’origine africaine ou Africain de France (ethnologie). Qui est propre aux Français d’origine africaine. Relatif aux Français d’origine africaine. 
  • Bussoter : Attendre le bus. Krealinker : Partager une idée créative sur un support de communication virtuel (réseau social, forum…). 
  •  Escargoter : Prendre son temps. 
  •  Gremcher : Faire son grincheux boudeur. 
  •  Lalaliser : (verbe du 1er groupe) 1. Chanter « la la la » quand on ne peut pas se rappeler les paroles. « Tu connais cette chanson, c’est la la la la … ». 2. Utiliser trop souvent l’expression « Oh là là ». « Il m’énerve, il lalalise sans cesse. » 3. Traiter avec légèreté. « Il ne faut pas lalaliser ce problème. »
  • Cordiamicalement : Contraction de « cordialement » et « d’amicalement ». Formule de politesse se plaçant en fin de texte avant son propre nom. A utiliser quand la relation avec la personne visée, sans être déjà amicale, est toutefois plus que simplement cordiale. 
  •  Jeudredi : (nom masculin) S’emploie à la place de jeudi. Façon de positiver la fin de semaine en renommant le jeudi : plus tout à fait jeudi mais pas encore vendredi. Peut également être employé pour accélérer la venue du week-end. Ex. « Superchouette, aujourd’hui c’est jeudredi ». 
  •  Maisnif : Odeur caractéristique d’une maison. 
  •  S’enrêver : S’embarquer dans un rêve éveillé (en général contre son gré…). 
  • Textoter : (verbe) Communiquer par texto. Ex : Il textote sans arrêt avec ses amis. 
  •  Se mémériser : (verbe pronominal, 1er groupe) Se vieillir au moyen d'habits hors d'âge. Ex : Elle pourrait être jolie si elle ne prenait tant de soin à se mémériser. 
  •  Se miroiriser : Se regarder dans le miroir. 
  • Scolarophobie : (nom féminin) Phobie de l’école . 
  •  Shopivore : (nom masculin et adj.) Se dit de quelqu'un qui est addict au shopping. Ex : Il passe son temps dans les magasins ! C'est un véritable shopivore. 
  •  Uhuter : (verbe transitif) Coller avec de la colle en bâton. 
  •  Empreinter : Emprunter des chemins où on laisse son empreinte. 
  •  Saladiner : (verbe intransitif, 1er groupe) Manger une salade au dîner. Ex : Maman, je saladine avec mes copines aujourd'hui ! 
  •  Flemmitude : (n.f.) Attitude molle qui consiste à traîner les pieds et à vouloir rester dans son lit. Ex : Cet élève fait preuve d'une trop grande flemmitude, dit le professeur. 
  •  Peurophobie : (nom féminin) La peur d'avoir peur. Mamimosas : Grand-mère qui adore les fleurs.
  • Accordéontologie : Morale élastique. 
  • Mondemoisil : Titre donné aux jeunes garçons et hommes non mariés (même principe que pour mademoiselle, sauf que le « ma » et le « elle » ont été mis au masculin). 
  •  Marmoufler : Pantoufler comme une marmotte (ou marmotter comme une pantoufle) pendant un ou plusieurs jours d’affilée. 
  •  Baïe-baïe : Se quitter avec un pincement au cœur. Douleur provoquée par la séparation. 
  •  Vexpresso : Etat d’une personne qui se vexe instantanément avec ou sans sucre. 
  •  Malabarbe : Homme barbu. 
  •  Esquivarder : Bavarder pour esquiver une tâche ennuyeuse. 
  •  Tôtif : Le contraire de tardif : un réveil tôtif ; et l’adverbe dérivé : tôtivement… 
  • Adverboulimique : (adj. ou nom.) Se dit d’un rédacteur qui fait un usage excessif des mots modalisateurs. C’est un auteur très, trop, si, tant, tellement, plus… un véritable adverboulimique.

dimanche 2 mars 2014

Supercondriaque

Le titre du nouveau film de Dany Boon interpelle. D'emblée, il fait penser à hypocondriaque, qui désigne les personnes se préoccupant de leur santé de manière abusive, et qui s'estiment très souvent malades, le plus souvent à tort. Le mot hypocondriaque vient du grec "hypos" (au dessous) et "khondros" (le cartilage des côtes"), et désignait au XVIème siècle les malades se plaignant de douleurs sous les côtes, et par extension, des malades imaginaires puisque les médecins ne pouvaient examiner cette partie du corps.
On comprend donc que Supercondriaque est un néologisme qui ne veut absolument rien dire du tout (au-dessus du cartilage des côtes), et qui est plutôt un jeu de mot qui mise sur le préfixe "super" pour faire penser aux super-héros tels que "Superman", et fait une contraction entre Super et Hyponcondriaque. Le supercondriaque serait donc un "super malade imaginaire", pour Dany Boon.