vendredi 24 avril 2015

Suspecter, soupçonner



Les mots soupçonner et suspecter sont souvent employés l'un pour l'autre.

Pourtant, il existe une petite nuance : quand l'objet du soupçon n'est pas foncièrement réprehensible, on dit toujours "soupçonner", et jamais "suspecter".


Exemples :

  • On dit : Je le soupçonne de l'aimer en secret. On ne peut pas dire "je le suspecte de l'aimer en secret", car aimer en secret n'est pas un pêché en soi.

  • On dit : Je le soupçonne d'avoir commis un crime, ou bien , indifféremment : Je le suspecte d'avoir commis un crime.


Ces deux mots ont la même étymologie. Ils viennent de "suspicere", signifiant "regarder de bas en haut". Avec l'origine de ce mot, on imagine bien le comportement d'une personne qui en soupçonne ou suspecte une autre en la toisant attentivement, en la regardant de bas en haut.

Enfin, on ajoutera que seul suspecter peut être suivi d'un objet inanimé avec le sens de "tenir pour suspect" : je suspecte son honnêteté, sa bonne foi. Avec soupçonner, on dirait: je soupçonne son honnêteté d'être simulée.

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