mardi 15 septembre 2015

Compter pour du beurre



Compter pour du beurre, c'est ne pas avoir d'importance.

Curieuse expression, car le beurre est souvent associé à l'opulence, à la richesse (mettre du beurre dans les épinards, faire son beurre (= faire fortune), le beurre et l'argent du beurre).

En fait, ce n'est qu'à partir du XVème siècle que le beurre est devenu un produit de luxe, dans le nord et l'ouest de l'Europe. C'est à ces moments là que sont nées les expressions mentionnées ci-dessus.

Avant cela, le beurre était considéré comme la graisse du pauvre, l'huile étant au contraire un produit de luxe que l'on ne produisait qu'une fois par an (tandis que le beurre était produit toute l'année).

Ce sont les grecs qui l'ont découvert. Ils l'appelaient "bouturon" (de bous, la vache et turos, fromage). C'est ce mot qui a donné beurre en français, et butter en anglais.

Durant toute la période Antique et le Moyen-Age, le beurre était donc méprisé. Jules César le considérait comme un produit tout juste bon à graisser ses sandales. On l'utilisait pour lutter contre les infections de la peau, les brûlures, pour adoucir la peau ou faire briller les cheveux, mais ce produit manquait tout de même d'efficacité. Le beurre avait donc une vocation médicale discutable, et n'était pas vraiment apprécié, d'où l'expression "compter pour du beurre".

 Ce sont les peuples du Nord qui nous le transmettront comme produit à vocation culinaire. Mais étonamment, l'étymologie ne retiendra pas cette influence (en breton, on dit par exemple : "amann").

La prochaine fois, nous parlerons de l'expression "compter pour des prunes", qui a une signification similaire.

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